Réveillon 2013. Réveillons-nous.

Un jour pile avant le nouvel an …

Bien entendu qu’attendu, les Mayas avaient tort. Cette planète continuera son orbite, et ce monde continuera à avancer (droit dans le mur) puisque jusqu’ici tout va bien.

Une année de plus, le compteur tourne, relativement d’un point de vue arithmétique, pour certains.

Ce que des gens, sont entrain de perdurer, peut-être,  quelque part !

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Souad, jeune fille, naïve, vient d’accoucher mais elle est célibataire, donc elle préfère ne pas déclarer pour éviter l’enquête policière. Parce qu’elle a décidé un jour, au beau milieu de sa deuxième année de romance avec Jawad, de franchir le pas, d’aller plus loin, très très loin. Elle allait le laisser la sodomiser. Ce jeune bon homme même qu’elle prétendait être son épouse un jour, il a nié. Tranquillement, sauvagement en affirmant qu’il ne la connaissait pas, il ne l’avait même jamais connue.

Qui prouverait le contraire ? – Personne.

Elle n’a pas fermé les yeux, plus depuis le jour où elle a appris la nouvelle. Le résultat d’un plaisir  sans papiers, était bien pire que ce qu’elle estimait. Elle pensa à un curetage, mais ce dernier était hors de prix. Et puis tuer un enfant aurait été h’ram.

Souad vient d’accoucher, une très jolie petite fille, comme par hasard, n’a connu le monde extérieur que pendant quelques heures, le temps de pleurer, vu le manque de moyens logistiques et médicaux là- bas, dans un hôpital publique, comme son nom l’indique.

La petite fille, victime d’une idéologie, pleurait, pas pour respirer. Elle avait surement pleuré le destin malchanceux de sa mère, et puis il cède ce triste monde, comme son père crétin a fait bien avant. Quelques jours plus tard, Souad se retrouvait dans la rue, avec des sœurs qui avaient des histoires à raconter comme elle. Des sœurs, qui étaient selon la société, vendaient leurs corps pour un peu d’argent. Si l’on pouvait considérer que quelques dizaines de dirhams étaient de « l’argent ».

Mais elles n’avaient pas peur de cette société. Elles n’avaient plus peur, ni de leurs pères, ni de leurs frères. Ni de personne d’ailleurs.

Elles étaient bien là-bas où elles étaient. A exercer le plus vieux métier au monde.

Jamal, le grand frère de Souad, rejoint ses 5 partenaires, enfermés dans un container, sur le quai du port de tanger, attendant d’être chargé sur le bateau, destination l’Espagne, l’autre bout de la mer, où on croit qu’il pleut de l’Or. Jamal qui a beau cherché une vie digne, de forme comme de fond, il a essayé la menuiserie, la plomberie, la mécanique, la maçonnerie. Il n’avait simplement pas le choix, au chômage depuis des années après sa licence en droit. Il n’y a pas un petit métier qu’il n’a pas fait. Il a quitté sa maison, le cœur en morceaux, pour ne plus voir sa maman pleurer son sort, ça pourrait l’angoisser à vie.

Toutes les portes se sont refermées ici. Il ira frapper à celles d’Outre-mer. Il enfile son sac à dos que la pluie a infiltré pour mouiller ses diplômes. Il n’en a plus besoin, ils n’ont jamais servi. Il insiste en quittant le nid familial : « Tout ira bien. »

Son père, déjà tuteur de 5 fillettes, rongé par le diabète, au coin de la baraque, attend son jour d’issue. Pris dans le tourbillon, Jamal, le cœur à genou, accélère le pas, et rejoint le port.

Dans sa main, il serre très fort un objet. Après quelques minutes d’hésitation, il le caresse avant de le jeter. Ainsi, il se débarrasse de son dernier lien, le bracelet qu’a lui offert sa mère.

Le lendemain, le journal télévisé de 20h , annonça : « Le cadavre d’un jeune immigré clandestin de 24-26 ans est retrouvé par des marins, le corps rongé de morsures par les chiens de la Garde Civile espagnole. Les autorités rapportent qu’il a été retrouvé mort, serrant son sac qui contenait ses diplômes ce qui a aidé à déterminer son identité« .

Siham, 20 ans, avait de la haine contre ses conservateurs de parents, qui l’empêchaient de sortir tard la nuit, retrouvée nue à moitié inconsciente dans une villa, après la mega-party organisée entre ados à la fleur de l’âge. Anorexique, elle a tenté de se couper les veines parce qu’on vient de lui informer que son petit copain, le danseur de Tecktonic, l’a quitté.

Musique, danse et bouteilles au rendez-vous, il y avait une ambiance de fous ce soir. Adolescents, issus de familles aisées qui dansent au rythme des scratchs d’un autre jeune ado impubère de la trentaine qui pense que Dj c’est un métier et qu’une soirée pareille fera d’eux des Bad Boys, défoncés au joint, foutent la pagaille partout… Les voisins se plaignent, mais pour eux, cela permet d’être hors-la-loi, pour la simple raison d’avoir un père haut responsable d’Etat. Génération, qui passe son temps en soirées, elle ne connait pas le labeur mais cherche toujours à « décompresser » et qui ne voit le monde qu’à travers les œillères de la télévision.

La rage dans les veines après quelques traits de cocaïne, une jeunesse qui s’éclate à fond.

Dehors, Il y avait des SDF, l’autre facette de cette société myope, gisant sur des bancs. Une classe sociale défavorisée, mal rasée, mal vêtue. Bien plus pire que la famille de Souad et Jamal.

Dehors, au cœur des festivités du noël, sans faire partie de la fête. Des figurants dans cette immense pièce de théâtre que l’on nomme la Vie. Ceux-là, personne ne les considèrent.

Où est leur Villa, à eux ? C’est toujours « dehors » ils habitent dans la rue.

Se réfugiant dans leurs cœurs parce qu’ils ne trouvaient désormais plus de place dans le cœur des humains.

On se rassure que ce n’est pas de notre faute ! Mais ce n’est pas de leur faute non plus.

Dans le silence de notre solidarité. Ils vivent désormais discrètement dans la cellule de leur souffrance. Seuls, entre les hommes, devant Dieu. De banc en banc.

Il faut croire que la vie est un manège où les hommes – ces grands enfants – ne cherchent plus qu’à s’amuser. Amusement capricieux. Egoïsme d’enfants.

Là sur le banc. On peut y lire, gravé à jamais :  » Des hommes ont vécu ici … qui les a aimé ?

Ce film de la modernité a assez duré, sans crainte, soyez alors de superbes grains de sable dans l’engrenage de la médiocrité et du non-amour sous lesquels certains espèrent voir l’humanité étouffer. Devenez les uns après les autres, sans rancœur et avec paix, des maillons manquants dans la grande chaîne de l’irresponsabilité. Dites-vous enfin que le temps de l’oubli est terminé… dès cette seconde si vous le décidez !

Le compteur s’incrémente, il est déjà 2013… En avant pour une nouvelle année de contrastes, de disparités et d’indifférence, dans le pays des mondes parallèles, le plus beau pays du monde.

Là où il faudrait bien faire le point de tout ce qui s’est passé ces années qui précèdent. Nous avons  vécu et nous avons vu plusieurs choses, de tout et de rien, des personnalités publiques sont décédées, la population mondiale a dépassé le cap des 7 milliards, des vidéos virales ont circulé sur internet via les réseaux sociaux, la météo a continué à se détraquer de canicules en grands froids, des dictateurs sont morts, et malheureusement d’autres sont nés…etc.

PS: Cette liste peut éventuellement être conservée et réutilisée pour les années qui suivent !
Ce billet est une chronique fictive inspirée de faits réels, et intégralement de chez Nowbi. Toute ressemblance avec la réalité est à imputer à cette dernière. Toute coïncidence ou ressemblance avec des personnages réels existants ou ayant existé n’est qu’une fortuite.
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